Energie hydrolienne : un nouveau défi à relever pour la France

Début septembre, à Paimpol,  la deuxième phase de tests de l’Arcouest, une hydrolienne conçue par OpenHydro et exploitée par EDF, a initié une nouvelle étape vers la mise en service du premier parc hydrolien français.
Il s’agit d’un pas de plus vers la naissance d’une véritable filière hydrolienne. Ce projet fait partie des priorités de l’Etat, comme cela a été confirmé lors de la Conférence Environnementale des 14 et 15 septembre derniers. La France voudrait jouer le rôle de leader dans ce domaine.

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Des parcs d’éoliennes en mer : un nouveau défi pour la France.

Une filière très intéressante…

L’énergie hydrolienne présente de nombreux avantages. Son principe est simple : elle repose sur la conversion de l’énergie des courants marins en électricité. Cela fait d’elle une énergie inépuisable et non polluante. De plus, elle permet une production électrique totalement prévisible, liée au cycle des marées. Ainsi, les pays qui disposent d’une façade maritime exposée à des courants forts (plus de 3 m/s) pourraient les exploiter pour produire entre 400 et 800 TWh/an. En Europe, le potentiel hydrolien théoriquement exploitable est évalué à 15 GW, pour une production annuelle qui pourrait s’élever à 20 ou 30 TWh, soit l’équivalent de la consommation d’un pays comme la Suisse.

…mais pas encore totalement implantée

Il s’agit, en France, d’une filière encore émergente. Aujourd’hui, elle attire de plus en plus de grands groupes industriels et  les expérimentations sont de plus en plus nombreuses et ambitieuses. EDF a installé un véritable parc d’essai au large de Paimpol et de Bréhat, pour mener des expérimentations dans des conditions aussi proches que possibles des conditions réelles d’installation et d’exploitation. Il s’agit de confronter le matériel à l’océan, d’améliorer les procédures et de prévoir les réactions humaines. Cela permet par ailleurs de chercher des solutions aux défis techniques posés par l’hydrolien (maintenance, corrosion, raccordement…) tout en surveillant l’impact des machines sur l’environnement marin. Cependant, seule la publication d’appels d’offres d’envergure et la sélection d’entreprises françaises pour les projets qui en découleront, permettront à la filière de passer le cap de l’industrialisation.

Une guerre franco-anglaise ?

La France n’est pas seule dans la course à l’énergie hydrolienne. La Corée, l’Australie, le Canada, la Norvège, se disent également prêts à relever le défi, tout comme le Royaume-Uni. Le Royaume-Uni est d’ailleurs un sérieux concurrent pour la France car il est doté de gisements hydroliens trois fois plus importants que la France (60% du potentiel européen, soit 9 GW pour 12 à 18 TWh). En outre, les tarifs d’achat de l’énergie hydrolienne, beaucoup plus attractifs outre-Manche (entre 380 et 450€/MWh contre 150 €/MWh en France), favorisent l’investissement dans ce type de technologie. La France n’est cependant pas totalement démunie face à ses concurrents. Elle dispose même de certains atouts pour encourager le développement de sa filière hydrolienne. Cinquante-huit acteurs sont déjà impliqués dans le secteur (industriels, instituts et universités, conseils régionaux…). Enfin, conscient que seuls des appels d’offres d’envergure, sur le territoire national, permettraient à la filière française de s’industrialiser et de prendre de vitesse la concurrence anglaise, l’Etat a précisé, dans une feuille de route, les étapes précédant leur lancement. Malgré les nombreux obstacles qu’il reste à surmonter, l’émergence d’une filière énergétique hydrolienne en France semble donc en bonne voie. Source

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