Grâce à un fromage de Beaufort, la lumière fut !

La France produit mille et un fromages dont le Beaufort en Savoie. Ce produit du terroir réveille les papilles et illumine votre intérieur. Le petit-lait permet, en effet, de fabriquer de l’électricité.

fromage beaufort

Les meules de Beaufort produisent de l’électricité propre.

Le petit-lait, une nouvelle énergie renouvelable

Dans le fromage, tout est bon ! La crème sert à fabriquer de la ricotta, du beurre à battre ou encore de la poudre de protéines. Le petit-lait (ou lactosérum, issu de la coagulation du lait), quant à lui, est employé pour produire de la poudre de lait. Cette dernière filière est, malheureusement, peu rentable. Ce résidu est acheminé jusqu’à Verdun au sein de la société Lacto Serum France pour être ensuite transformé. Le trajet représente sur toute une année 800000 kms. Autre inconvénient, le transport en camion a un impact négatif sur l’environnement. Les 650 agriculteurs, réunis en sept coopératives, ont décidé de changer la donne.

« On a voulu reprendre notre liberté par rapport aux grands groupes laitiers puisqu’on s’était rendu compte, au fil des années, qu’on était toujours les dindons de la farce »

raconte Yvon Bochet, le président de l’Union des producteurs de Beaufort (UPB). Le lactosérum ne quitte désormais plus ses verts alpages. Il est utilisé pour produire de l’électricité !

Le petit-lait, une énergie renouvelable d’avenir

Tous les ans, les fromagers savoyards confectionnent 128000 meules de Beaufort, ce qui représente 5100 tonnes rien que sur l’année 2015. Un seul kilo de ce fameux fromage génère neuf kilos de petit-lait de quoi produire pas mal d’énergie renouvelable. Ce petit miracle est possible grâce aux amateurs toujours plus nombreux de bons produits du terroir. Le péché de gourmandise n’aura donc jamais été aussi savoureux.

L’usine d’Albertville, une véritable centrale électrique

Inaugurée en 2015, l’usine, située à Albertville, constitue un trésor incroyable pour les habitants malgré un coût faramineux, 13 millions d’euros, dont 2,5 millions de subvention. Elle gère la production de A à Z et recycle l’ensemble de ses déchets. Elle a, en prime, permis de recruter 10 personnes.

Son fonctionnement est simple. Le méthaniseur traite les effluents et les eaux de lavage pour les transformer en biogaz. Le processus terminé, il rejette une eau quasiment pure dans l’Isère.

« Les coûts d’opération d’une station d’épuration classique auraient été impossibles à amortir. La méthanisation résout le problème »

explique François Decker, directeur des opérations au sein de Valbio, le concepteur du méthaniseur.

Le gaz fabriqué active, à son tour, un cogénérateur, qui produit de l’eau chaude et du courant. Résultat, Savoie Lactée possède les capacités d’approvisionner en électricité 1500 foyers par an. « C’est peut-être la première usine à énergie positive », se félicite Yvon Bochet. Cette manne d’énergie est revendue à un tarif préférentiel à EDF.

Produire de l’électricité à partir de fromage, une idée qui séduit

Le méthaniseur de petit lait a déjà fait ses preuves. La première machine a été installée au début des années 2000, à quelques kilomètres de l’Abbaye Tamié. Occupé par des moines cisterciens, ce lieu de culte fabrique un fromage depuis 1132. D’autres projets d’installations fleurissent en France mais aussi un peu partout dans le monde dont le Canada, l’Australie, le Brésil et l’Italie.

De nombreuses initiatives intéressantes voient le jour dans l’hexagone. Leur point commun : les produits laitiers. Les fermiers de Malay-le-Petit dans l’Yonne utilisent le fromage pour chauffer les habitations.

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