De la montagne jaillit la lumière !

La centrale électrique des Bois constitue un lieu unique dans le monde. Enfouie au fin fond du massif du Mont Blanc, elle exploite les torrents issus de la fonte des glaces pour générer de l’électricité.

montagne

Massif du Mont Blanc.

Une centrale électrique au profondeur la montagne

En 1973, ouvre l’usine hydroélectrique des Bois. Elle est nichée à 1 490 m d’altitude au cœur du massif du Mont Blanc. Cette exploitation est totalement invisible de la vallée. Pour accéder à la turbine, les agents EDF empruntent un téléphérique entièrement dédié à leur ascension. Au terminus, se dessinent de nombreuses galeries creusées dans le granit puis un escalier de 320 marches. Cette première « prise d’eau » exploite les torrents souterrains issus de la fonte des glaces. Elle fournit sur une année 115 kWh d’électricité, ce qui équivaut à la consommation domestique d’une agglomération de 50 000 habitants ! Pour mieux comprendre la technique employée, France 3 région Alpes explique :

« L’eau de fonte, qui jaillit de la glace en jets puissants, est canalisée dans une galerie d’environ 3 km de long et vient s’engouffrer dans un puits blindé de 300 m de haut, avant d’être turbinée dans une centrale nichée dans la montagne »

Le réchauffement climatique menace la centrale électrique

Le réchauffement climatique menace, depuis les années 2000, la centrale des Bois. Le glacier recule chaque année d’une trentaine de mètres. En 2009, le captage d’origine apparaît au grand jour. Dépourvu de son épais manteau de glace, il reste protégé par une moraine. Il s’avère donc urgent de trouver une solution. Les ingénieurs EDF ont l’idée d’aménager une nouvelle installation plus haut, à 1 560 m d’altitude.

« Il nous a fallu plus d’un an et demi pour trouver la rivière. On a utilisé des mesures sismiques, des radars, des colorants traceurs pour suivre le cheminement des eaux de fonte, et même des sourciers ! »

raconte Cyrille Perier, directeur de l’unité de production Alpes chez EDF. Mis en service au printemps 2011, ce nouveau souterrain s’étend sur 1,1 km de long. Rien n’est pourtant encore gagné. Les mesures prises en faveur du développement durable n’ont pas, pour l’instant, inversé ce phénomène inquiétant. Les chercheurs du Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement (LGGE) de Grenoble constatent en 2015, que la Mer de glace a perdu 3 m d’épaisseur.

« On suit l’évolution du glacier, on va s’adapter. »,

assure Cyrille Perier.

L’entretien de la centrale électrique

La centrale électrique est en activité pendant la période des fontes, qui s’étend de mai à novembre. Durant la trêve hivernale, les ouvriers veillent à la maintenance de la turbine. L’eau du glacier, lancée à une vitesse de 290 km/h, charrie environ 1 000 tonnes de sable par jour. Ces tout petits grains mettent à rude épreuve la turbine. Cette dernière est recouverte d’une couche protectrice composée de céramique, mais rien ne semble ralentir cette usure naturelle. Elle est, de ce fait, changée deux fois dans l’année.

« C’est la turbine qu’on change le plus souvent en France »,

souligne avec le sourire François-Régis Chevreau, responsable de la centrale.

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