Les pistes pour des villes 100% renouvelables

Les villes consomment, à elles seules, 67 % de l’énergie globale et sont responsables de 70 % des émissions de gaz à effet de serre. Et ces chiffres risquent encore d’augmenter d’ici 2030, si personne n’intervient. Plusieurs grandes agglomérations européennes se sont engagées à aller vers une production totalement verte d’ici 2050. Un comportement, qui peut en inspirer d’autres. Un rapport, publié le 26 septembre 2016, recense les cinq principaux axes à suivre pour atteindre cet objectif.

smart city

Smart City : une ville 100% verte.

Les grandes villes européennes, un exemple à suivre

Le réseau pour la transition énergétique (Cler), le Réseau Action Climat (RAC) et Energy Cities ont observé plusieurs grandes villes, qui visent une énergie 100% renouvelable. Parmi elles, on peut citer Francfort, Frederikshavn (Danemark), Genève et Malmö (Suède). Aucune de ces villes ne se ressemblent. Les ressources naturelles disponibles varient d’un territoire à l’autre. L’intérêt accordé à l’efficacité énergétique diffère également. L’équipe d’experts a, toutefois, réussi à dégager cinq grands axes de travail dont une vision d’avenir, construire un lien urbain rural et engager les acteurs locaux au sein du projet.

Les zones rurales, des acteurs nécessaires

Une ville seule ne pourra produire suffisamment d’électricité propre pour couvrir l’ensemble de ses besoins énergétiques. Elle a besoin de s’approvisionner à l’extérieur. Cela permet de créer un lien gagnant – gagnant entre les zones urbaines et rurales.

En Bretagne, le Comité Interministériel aux ruralités a mis en place un contrat de réciprocité « ville – campagne » entre les communes et les intercommunalités volontaires. Ils collaborent dans plusieurs domaines dont l’alimentation, la protection de l’environnement et les filières d’excellence agricoles.

Le Grand Lyon concentre ses efforts sur la filière bois avec son plan Climat Energie Territorial. Il souhaite atteindre les 160 MW de puissance. Des chaufferies biomasse seront reliées au réseau à l’horizon 2020 et seront alimentées, sur une année, par environ 200 000 tonnes de bois. Pour faire face à une telle demande, les partenaires locaux (forestiers, associations de protection de l’environnement et élus entre autres) se sont regroupés autour du « projet sylvicole de territoire ». Ce plan organise la gestion de la forêt sur les 60 à 80 prochaines années.

Des projets concrets et l’implication des acteurs locaux

L’objectif final est d’atteindre d’ici 2050 une ville entièrement renouvelable. Le chemin à parcourir est long et de nombreux efforts sont encore à fournir. Il est donc important de maintenir au plus haut le moral de ses troupes. Cela passe par la mise en place d’actions concrètes. Par exemple, la ville de Lorient privilégie la production d’électricité en autoconsommation par l’installation de panneaux solaires sur ses bâtiments.

Les services publics, les entreprises et les citoyens doivent participer à l’élaboration d’un nouveau modèle économique autour de la transition énergétique. Par le biais des consultations et des débats, les différents protagonistes échangent des idées. Les différents acteurs se sentent réellement impliqués dans le processus de décision. Ces réunions permettent, au final, de réaliser des projets.

La ville de Bayonne a organisé des dialogues citoyens nommés « portraits de quartier ». Ces discussions, qui ont réuni en moyenne entre 200 et 250 personnes dans chaque quartier, ont permis d’identifier les besoins et les attentes des habitants et des acteurs locaux.

La métropole de Saint Étienne et le Parc naturel régional du Pilat ont opté pour des groupes de travail sur des thématiques précises (mobilité, énergies renouvelables, habitat) afin de dresser un bilan, répertorier les opérations en cours et faire naître de nouvelles actions.

La ville renouvelable, une ville intelligente

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication permettent à un nouveau modèle de ville d’apparaître. Ces villes sont dites intelligentes. A travers les smart grids, les réseaux électriques favorisent l’intégration des énergies renouvelables et limitent les gaspillages, car la production de courant s’ajuste en fonction de la demande. Ils sont donc plus fiables et plus sécurisés.

La métropole lyonnaise rassemble, au sein d’un entrepôt, de nombreuses données concernant entre autres le trafic routier, les transports en commun urbains, les TER, l’autopartage et les historiques de trafic. Par le biais d’un navigateur urbain accessible via votre smartphone, vous pouvez visualiser en temps réel le trafic et adapter votre trajet en conséquence.

Le projet RennesGrid prend forme sur la zone d’activités de Ker Lann, située dans la commune de Bruz. Il consiste à produire de l’électricité au moyen de panneaux photovoltaïques au sol, en toiture ou en ombrières de parking. Cette manne d’énergie renouvelable sera intégrée au réseau durant les heures de pointe de consommation grâce à l’utilisation de dispositifs de gestion active de la demande d’énergie et de stockage.

Pour en savoir plus sur le rapport : http://www.energy-cities.eu/IMG/pdf/publi_100pourcent_final-web.pdf

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