Produire de l’énergie renouvelable à partir de fumier de cheval

Généralement utilisé en tant qu’engrais, le fumier de cheval permettra de produire du biogaz, à l’horizon 2019, sur le site d’Archère. La commune de Maisons-Laffitte et le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne unissent, pour cela, leurs forces.

cheval et son poulain

Le fumier de cheval permet de produire du biogaz.

La municipalité Maisons-Laffitte exploitera bientôt le fumier équin

La ville de Maisons-Laffitte et le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP) ont signé, le 10 février, un accord-cadre de partenariat. L’objectif de cette alliance est de produire de l’énergie renouvelable à partir du lisier équin à l’horizon 2019, sur l’unité de traitement d’Archère. Le fumier, qui sert actuellement d’engrais dans les champignonnières de Fontainebleau ou Saumur, sera mélangé aux boues d’épuration grâce au procédé de méthanisation.

Les boues issues de l’épuration des eaux usées sont d’ores et déjà méthanisées. Elles génèrent environ 400 GWh de biogaz par an ce qui permet à la Step de Saint-Aval d’être autonome à plus de 60 %.

Une production de biométhane locale

1 400 chevaux broutent l’herbe des verts pâturages de Maisons-Laffitte. Ils génèrent entre 15 000 et 20 000 tonnes de fumiers chaque année. Cette manne de déchets agricoles permettrait de fabriquer 600 000 m3 de biométhane (la forme traitée du biogaz). Cette solution ne présente que des avantages. Les frais de carburant ou d’acheminement sont limités au maximum. L’impact sur l’environnement est, en prime, neutre et les déchets sont valorisés. Le gaz bio, fabriqué à proximité de l’hippodrome, est livré tout frais à la cité du cheval. Il alimentera, dans un premier temps, la flotte de véhicules de la commune puis l’ensemble de ses équipements, qui fonctionnent avec cette énergie.

Mais, avant d’exploiter ce précieux carburant, le SIAAP doit encore effectuer des tests en laboratoire afin de déterminer le pouvoir méthanogène du fumier. Un pilote à grande échelle devrait démarrer en 2019 et les essais opérationnels en 2020.

Le principe de méthanisation

La méthanisation ou digestion anaérobie repose sur la dégradation naturelle de matières organiques en absence d’oxygène (un milieu anaérobie). Ce procédé employé dans l’agriculture, le traitement des biodéchets, celui des boues d’épuration urbaines et certains effluents industriels permet de produire du biogaz et du digestat.

Les atouts du biogaz

Le biogaz naturel offre de nombreuses possibilités :

  • Production de chaleur.
  • Production d’électricité.
  • Production combinée d’électricité et de chaleur ou cogénération.
  • Carburant pour les véhicules.
  • Injection du biogaz épuré dans le réseau de gaz naturel.

Le purin ne perd pas pour autant ses vertus fertilisantes. Le digestat apporte les minéraux nécessaires pour un jardin resplendissant.

L’objectif de la France : 1500 sites de méthanisation d’ici 2020

Le baromètre de l’électricité dresse le bilan des énergies renouvelables en France au 31 décembre 2016. Concernant la production de biogaz, la France comptabilise, au 30 septembre, 478 sites de méthanisation pour une puissance de 385 MW. Un chiffre encore loin de son objectif de 2020 à savoir l’ouverture de 1500 unités de méthanisation (cf. plan Energie Méthanisation Autonomie Azote). Le gouvernement redouble d’efforts pour y parvenir. Des mesures de soutien en faveur des énergies renouvelables ont été récemment validées par la Commission Européenne. Les installations de biogaz (de moins de 500 kW) bénéficieront ainsi d’un tarif d’achat ou d’un complément de rémunération.

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